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23 mars 2008 :

5th edition of the
WOMEN FIRST

une course de 5 km sur les boulevards d'Addis.

 

22 h ce 23 février 2006 à Addis-Abeba. Les éclairs zèbrent le ciel, le tonnerre gronde, déjà les premières gouttes mouillent le pavé. 2500 m d'altitude, il fait doux malgré la pluie, une atmosphère qui me rappelle l'île de La Réunion.
La traversée de la ville de part en part se fait dans un brouillard luminescent. Buée, rideau de pluie fine et persistante, lumières jaunâtres se mêlent, avalent le paysage.
Larges avenues, places-ronds-points, une rue qui grimpe, la lumière diminue pour disparaître, un chemin de gros pavés, malaisé, un portail qui s'ouvre, on nous attendait.
Demain je découvrirai cette "Nouvelle Fleur".

 

Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

"Nouvelle Fleur", c'est ainsi qu'on traduit Addis-Abeba. La ville s'étire de long en large contrairement aux capitales occidentales qui grimpent vers le ciel. Ici les trois millions d'habitants vivent dans de petites cases. Structure en bois recouverte de tôle ou enduite de torchis avec parfois une sorte de crépis blanc. L'habitat est dans son ensemble plutôt précaire. Pour l'œil non averti d'occidentaux, Addis-Abeba peut faire penser à un immense bidonville. Mais si on prend la peine de flâner dans les rues, on découvre, à l'entrée d'une maison, un petit coin fleuri, grand comme un mouchoir de poche, des ruelles balayées, des rues grossièrement pavées de gros blocs de pierres sur lesquels il vaut mieux ne pas courir pour éviter de buter contre une arête. Bien sûr, il y a les ruisseaux-tout-à-l'égout qui sillonnnent la capitale en dispensant leurs effluves nauséabondes... Faut se boucher le nez et la bouche comme lorsqu'on s'approche des grands boulevards qui drainent les fumées noires des pots d'échappement. Les jolies petites écharpes éthiopiennes filtrent bien ces désagréments.


Les balayeuses

Sur la tête, un grand chapeau de paille,
Sur la bouche, un foulard filtrant les poussières,
A la main un balai.
Elles arpentent, ces femmes, les rues de la capitale.

 

 

 

 

Selon l'heure, la ville peut-être relativement calme ou très encombrée : taxis, bus, quelques voitures particulières, nombreux piétons. Et gare à eux, car les automobilistes les ignorent comme ils ignorent les priorités et les stops. Seuls les rares feux tricolores sont respectés.

Meskal Square fait partie de ces quartiers animés où se pressent mini-bus-taxis et voitures-taxis, tous bleu et blanc qui déboulent des grandes avenues convergeant ici : Bolé, Ménélik II, Ras Makonen....
Cette année (2008), j'ai trouvé la place transformée. Des panneaux signalant le nouveau millénaire. En effet, le soir du 11 septembre 2007, l'Ethiopie est entrée dans le troisième millénaire. 7 ans après le reste du monde. Calendrier éthiopien oblige.
 
Cliquez ICI pour agrandir l'image. Cliquez sur 2000 (gauche et droite) pour les détails.
 
Côté Ouest, côté Est, cliquez pour agrandir. Et si vous voulez voir l'église St-Estifanos qui rivalise de hauteur avec les immeubles, cliquez dans le cercle.

 

 

Le quartier de Piazza est aussi très animé. C'est là qu'est l'hôtel de ville reconnaissable à sa colonne qui se dresse dans la perspective de Churchill road.
Macdona
 
Cliquez si vous ne voyez pas l'enseigne !

Nombreuses boutiques, bijouteries entre autres, mais aussi restaurants, bars... Un air de modernité dans ce quartier aux belles et solides maisons fin XIXe, début XXe siècle. Ainsi l'hôtel Taitu, autrefois résidence impériale date de 1907. Il était bien vétuste quand je l'ai visité en 2006. Je l'ai retrouvé cette année (2008), en pleine réfection. On le reconnaît de loin avec son toit de tôle vert.

Une aile de l'hôtel Taitu en mars 2006
Bâtiment principal de l'hôtel Taitu en 2008

 

Tôle verte aussi pour le toit de l'hôtel Finfine, autrefois demeure d'un noble, construite en 1902, près des sources chaudes de la rue Yohannès.
Hôtel Finfine. Cliquez pour agrandir. Il est possible aussi de voir le krar et le massinqo (instruments de musique) posés en décoration contre la rampe.
 

Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

Addis n'échappe pas à la modernité. Un peu partout, les immeubles poussent comme des champignons. D'abord hérissés d'étais et d'échafaudages audacieux en tronc d'eucalyptus.
   

 

 


La maison où je suis installée est très jolie. A l'écart du centre ville, sur les pentes d'une colline, en bordure de la forêt. Derrière les hauts murs surmontés de débris de verre, le jardin est rempli de fleurs, d'oiseaux et de beaux arbres.
18h 52, le soleil est couché, la nuit arrive vite sous ces latitudes et un fin croissant de lune veille déjà sur la maison. Les oiseaux sont couchés. Il y en a beaucoup dans le jardin : des tisserins qui viennent chercher des fibres de l'ensete ventricosum pour construire leurs nids suspendus, les corbeaux-pie, les milans tournoient du matin au soir au-dessus des immenses eucalyptus, de jolis oiseaux aux reflets moirés, des souimangas, butinent le coeur des hibiscus avec leur long bec recourbé, d'autres, les colious, portent huppe et longue queue, il y a aussi les ventres-becs-orange qui ne m'ont pas laissé leur nom. Si j'ai pu "capturer" de nombreux spécimens volatiles, les hirondelles trop rapides ont échappé à mon objectif, mais je ne désespère pas de les figer dans ma boîte noire.

Je vous invite à cliquer ici pour voir le diaporama des oiseaux d'Addis

Grâce à ces deux sites : ornithomedia.com et oiseaux.net
j'ai pu trouver les noms de la plupart de ces magnifiques oiseaux.

 

 

 

Addis est entouré de collines, la ville elle-même est vallonnée, ça monte, ça descend. Le plateau éthiopien n'est pas une estrade plate à 2500 mètres d'altitude. Collines et vallons boisés d'eucalyptus notamment font qu'on ne se sent pas étouffé dans une vaste métropole.

 


 

Aller à pied au hasard des rues est l'occasion de rencontrer les gens.
De nombreux enfants qui vont ou qui reviennent de l'école, dans leurs uniformes de couleurs différentes selon l'établissement ou le quartier ou la classe peut-être.

 

 

 



Des femmes,
Beaucoup de femmes drapées dans un châle blanc uni
ou rehaussé de fines bandes de couleur.
Des femmes qui vont au marché,
Des femmes lourdement chargées de fagots de branches
et de feuillage d'eucalyptus.
Des femmes qui travaillent durement.

 

 

Des hommes rarement inactifs aussi.


Cliquez pour agrandir les vues

Les bûcherons grimpent pieds nus le long des troncs fins d'immenses eucalyptus. Là-haut, attachés par une simple corde, ils taillent à grands coups de leur hache rudimentaire les fûts. A chaque mouvement, l'arbre balance dangereusement. Le tronçon coupé et abandonné à l'attraction terrestre, ils descendent 2 ou 3 mètres, s'attachent et recommencent ainsi jusqu'au ras du sol. Ces voltigeurs se louent au jour le jour. On peut les voir déambuler dans les rues, corde en bandoulière, hache sur l'épaule, en scandant leur offre d'emploi.

Il en est de même pour d'autres professions, d'autres travaux précaires nécessaires pour survivre.

Le long des rues, on croise les ramasseurs de bouteilles en verre. Ils récoltent, rendent et récupèrent ainsi l'argent de la consigne.

Toutes sortes de petits métiers comme on en rencontrait autrefois dans nos campagnes.


 

Addis-Abeba c'est aussi l'Alliance Ethio-Française. Un lieu de culture, d'échanges, de convivialité. Cinéma, musique, expositions... C'est ainsi que j'ai vu l'étonnante exposition de Elias Sime "Gota-Teret Teret". Les gotas sont des traditionnels silos à grains. L'artiste s'est inspiré de ces anciens gotas pour édifier ses grands gotas contemporains. L'exposition est agrémentée d'une grouillante procession d'individus à la face simiesque et de tableaux composés de collages d'objets divers (boutons, capsules...) récupérés dans la rue et les dépotoirs.

Elias Sime est diplômé de l’Université des Beaux-Arts d’Addis-Abeba

Cliquez ici pour un plus vaste échantillonnage de l'exposition

Et ici pour voir les gotas traditionnels rencontrés dans le nord du pays.

 

J'ai raté l'expo du peintre Abiy, mais j'ai vu quelques uns de ses tableaux ici et là chez Fidel ou chez des amis. On ne peut qu'aimer l'originalité, l'harmonie des couleurs, la poésie qui se dégagent de ses peintures. Je laisse ici un échantillon.

Pour en voir plus sans quitter votre chaise, cliquez ICI.

 


 


Churchill road, photo prise en aval de la gare

 


Cliquez sur l'image

Addis Abeba, c'est aussi, depuis 1948, le lycée Franco Ethiopien, Guebré Mariam, qui accueille un grand nombres d'enfants depuis la petite section de maternelle jusqu'au baccalauréat. Il est situé le long de Churchill road, l'avenue très passante qui va de la gare au quartier de Piazza et la mairie.

Site du lycée : http://www.guebre-mariam.org/


Justement, parlons-en de cette gare.

 

Toute une histoire vieille de plus de 100 ans, puisque le chemin de fer franco-éthiopien, devenu depuis chemin de fer djibouto-éthiopien, relie Djibouti à Addis-Abeba depuis 1917. Il aura fallu vingt ans de travaux, en coopération entre la France et l'Ethiopie, pour construire les 784 km de voie ferrée et les gares qui la jalonnent. Hélas cette année (2008) il n'a pas été possible d'emprunter le chemin de fer. La ligne vétuste ne fonctionne que sur un court tronçon entre Djibouti et Dire Dawa.


Pour en savoir plus, les pages de Jean-Pierre Crozet : http://www.train-franco-ethiopien.com/

 

 

 

 

Gare d'Addis-Abeba

 

 

 

Gare de Dire dawa
Le train
 
Lors du centenaire de l'Alliance éthio-française, cinq artistes ( Engdaget Legesse Amede, Abiy Gediyon, Tesfahun Kibru, Mulugeta Kassa, Tamrat Gezahegne) ont conçu des créations autour du chemin de fer. Ces objets sont maintenant exposés dans un jardin de la ville où j'ai pu les photographier.
 
 

Déjà en 2006, dans la cour de l'Alliance française de Diré Dawa j'ai trouvé des sculptures confectionnées avec des bouts de rails et autres éléments ferroviaires mis au rebut.Un chef de gare d'enfer et un oiseau qui n'a rien de paradis.


Cliquez pour agrandir

 

De la gare d'Awash, je n'ai que ce ticket.
Pourtant la chambre était royale,
que dis-je impériale !
La salle de bain immense
avec baignoire pieds-de-lion.




Sur le bus
 

Venons-en à ces lions. Tout un symbole. Il ne se passe pas un jour sans en croiser un. En peinture sur les bus, en pierre trônant sur piédestal ...
Hailé Sélassié se disait "Lion de Judée".

Ce lion de Juda, commandé par l'empereur Hailé Selassie en 1955, a été créé par Maurice Calka. Du haut de ses 10 mètres, il fait belle figure, près du théâtre national.

 

 

 

 

Celui-ci qui trône aux abords de la gare a été sculpté par Georges Gardet en mémoire à l'empereur Ménélik II.
Mais quelle histoire ce lion ! Elevé en 1930, il fut démantelé en 1937, et transporté à Rome, sur ordre de Mussolini. Il y est resté jusqu'en 1969
Pour plus d'info : http://etudesafricaines.revues.org/document4648.html#ftn7






Celui-là, parvenu au sommet de l'escalier, est resté dans le jardin du palais impérial, devenu l'Université d'Addis-Abeba. Je me suis laissée dire que chacune des marches de ce semi-colimaçon représente une année passée sous l'occupation fasciste italienne (1922-1936). Le lion a été installé à la libération.



Arat Kilo

 

Très fréquentée l'Université d'Addis Abeba. Des grappes de jeunes sillonnent la longue avenue qui mène à Sidist Kilo et son obélisque et de là au campus universitaire. Les visiteurs aussi sont nombreux qui vont visiter le musée ethnologique situé dans l'enceinte de l'ancienne demeure du Négus.
Dès le jardin on est plongé dans la préhistoire avec ces stèles qui émaillent les pelouses.

 

 

 

 

Cliquez sur les stèles pour voir les détails de gravures

Un autre musée, le musée national d'archéologie, où l'on pouvait admirer Lucy avant son départ aux USA, se situe à mi-chemin entre Sidist Kilo et Arat Kilo.
Chacune de ces places-squares-ronds-points) souligne un évènement de l'histoire du pays. Ainsi, l'obélisque de Sidist Kilo se dresse à la mémoire des mille victimes du massacre perpétré par l'occupant italien. De même la tour de la liberté au centre d'Arat Kilo commémore la victoire de l'Ethiopie sur les troupes de Mussolini. Cette colonne est surmontée d'un lion de Juda. Un lion décore aussi une face de l'obélisque.

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Ethiopie 2006-2007-2008. Mireille Jeanjean. Les textes et les photos édités sur ce site sont la propriété de l'auteur...sauf les photos mentionnées
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