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Dans le canal du Mozambique, entre la côte Nord-Ouest de Madagascar et la côte Est de l'Afrique, est un petit territoire émergé. Deux grandes îles (Grande Terre et Petite Terre) et des îlots en quantité. Ces îles appartiennent géographiquement à l'archipel des Comores et politiquement Mayotte est Française. Passées de Territoires d'Outre Mer (TOM) à Collectivité Territoriale de la République, Mayotte est, depuis le 31 mars 2011, le 101ème département français et la 27ème région (la 5ème d'outre-mer).
C'est cette année-là que j'ai décidé de quitter mon statut de Zoreille contre celui de M'Tsoungu. Je n'étais pas loin. La Réunion-Madagascar-Mayotte. La vue par le hublot me donne un avant goût de la beauté du lagon.


On dirait la passe en S et au loin l'îlot de sable blanc, au large de Saziley
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Le 18 avril 2011, j'atterris à Dzaoudzi. Un taxi puis la barge afin d'arriver à Mamoudzou sans me mouiller les pieds et à temps pour admirer la pleine lune au-dessus du lagon en me rafraîchissant d'une blonde Hipo (bière locale). Hipo bien sûr ! Grande-Terre ressemble à un hippocampe nageant la tête en bas. D'ailleurs cet animal marin fait partie des armoiries de Mayotte.

 

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Cliquez sur la carte, vous lirez mieux les lieux où je suis passée    

 

Mayotte est recouverte d'une végétation luxuriante, une jungle souvent impénétrable. Cocotiers, tamarins, bambous, arbres à pain et tant d'autres, frangipaniers, flamboyants, badamiers, jusqu'aux énormes baobabs (Adansonia Digitata) qui bordent certaines plages. Des lianes parfois enveloppent arbres et arbustes de leurs tiges étouffantes. C'est mauvais signe.

 


Mangrove de Dapani

La mangrove est là également avec sa variété de palétuviers, ses crabes violonistes (Uca ... famille des Ocypodidae) et ses périophtalmes (Periophthalmus barbarus). Le périophtalme appelé aussi "gobie des mangroves" est une sorte de poisson amphibie. Il est capable de rester un certain temps hors de l'eau, posé sur le sable ou sur une branche. Comme les amphibiens, hors de l'eau il respire par la peau.

 

Pour une vidéo plus large du crabe violoniste CLIC



La chaleur, elle vous agresse dès le premier pied posé sur le tarmac. La pluie...Ici aussi le climat est tout chamboulé. La saison sèche tarde à s'installer. Il pleut, il pleut, il tombe des trombes d'eau; pour peu qu'on habite loin on arrive trempé de la tête aux pieds. Pas étonnant que les plantes prospèrent par cette chaleur et cette humidité.

 

Mayotte c'est cette multitude d'îlots tout aussi verdoyants, la plupart inhabités sauf par les oiseaux, les roussettes et les makis. La marée basse y découvre des plages de sable fin, blanc, noir, brun rouge, de galets et de roches noires également qui rappellent que l'île n'est pas seulement un récif corallien mais le résultat d'une activité volcanique première. Il y a aussi ces îlots intermittents et ces langues de sable d'un blanc éblouissant qui ne durent que le temps du flux descendant. Ils émergent d'une eau aux couleurs changeant au fil de l'ensoleillement, du vent, de l'orage qui menace et de la marée. Une sortie en barque m'a permis de découvrir dans un chaud bouillon presque transparent les coraux qui tapissent les tombants et où les poissons multicolores, certains de belle taille, nagent, jouent, mangent, mènent une vie paisible dans un espace protégé.



Ilot Mtsamboro



Il y a aussi les tortues géantes, les Chelonia mydas, des tortues vertes de 1,50 mètres. Pour les voir, inutile d'aller loin, elles broutent les herbiers côtiers tandis qu'une ou deux rémoras nettoient leur carapace. La nuit venue, profitant du calme et de la marée haute, elles vont pondre au fond des plages. Au matin, il ne reste, sur le sable, que les traces de leurs pas comparables aux chenilles de carterpillar, et des grands trous dans lesquels elles ont dissimulé leurs oeufs.
C'est un grand moment que de nager avec ces monstres, de les accompagner lorsqu'elles montent à la surface prendre un grand bol d'air. Hélas je n'ai pu, faute de tente, passer la nuit sur la plage. Pas de ponte, pas de naissance, seulement des images et les récits des chanceux.

 

J'ai pris goût au masque-tuba-palmes (je laisse à d'autres le terme anglais de snorkelling). Je me suis offert une deuxième journée en mer. Les stenelles, (dauphins à long nez) (Stenella longirostris) passent et repassent près du bateau. De temps en temps l'un d'eux s'élance hors de l'eau en un salto, une toupie ou autres pirouettes. Les énormes tortues sont là aussi, mais le clou de la journée ce sont les raies manta. L'une d'elles, cabotine comme pas deux, s'est mise à effectuer de gracieuses virevoltes, montrant tantôt son dos noir brillant, tantôt son ventre banc et sa bouche souriante. Imaginez ce monstre de deux mètres d'envergure évoluant au-dessous de vous comme si elle voulait vous entraîner dans sa danse.

 

Mayotte, c'est aussi les senteurs. La fleur d'ylang-ylang éclose dans les jardins, la vanille sur les marchés, la citronnelle, le curcuma et tant d'autres parfums qui s'échappent des fourneaux.
Plaisir du nez, plaisir du palais avec les saveurs de la cuisine locale : poisson coco, poulpes en sauce parfumée, mabawas (ailes de poulet), la salade de papaye verte, les brochettes des mamas-brochettis accompagnées de bananes, fruit à pain, manioc grillés ou frits. Beaucoup de fritures ici. Trop.Ce que je préfère c'est le mataba : des brèdes (feuilles) manioc cuites avec du poisson, épices et condiments, le tout pilé menu menu, et servi avec du riz. Et un peu de piment s'il vous plaît !

 

Les sens sont très sollicités à Mayotte, notamment le plaisir des yeux. Il est partout. D'où qu'on se tourne les couleurs sautent aux yeux. Les bleus de l'océan et du ciel, l'ocre de la terre, les femmes au visage enduit d'un masque de beauté jaunâtre à base de bois de santal, les femmes encore dans leur salouva chamarré, les fleurs, les fruits. Même les araignées et les crabes revêtent des teintes chatoyantes.
La couleur est partout. Elle s'accorde avec la musique rythmée, les chants repris en choeur, les danses traditionnelles, celle des hommes en complet-cravate, celle des femmes rythmée par le son de deux baguettes frappées ensemble. Même le chant du muezzin prend des teintes folkloriques. Et puis il y a des chants désagréables, irritables, comme celui du corbeau-pie (Corvus albus) et les cris stridents des roussettes (Pteropus seychellensis comorensis) qui se disputent un fruit ou la cacophonie des mêmes chauves-souris en guerre avec les makis (Eulemur fulvus mayottensis) toujours pour des fruits car la roussette est frugivore comme le maki qui lui se nourrit également de feuilles.

 


La vidéo des danses et musiques traditionnelles en fin de page

 

 

Les makis

 

 

Mayotte, que du bonheur ! Oui ? Non ? Comme partout ailleurs, il y a l'envers de la médaille. Ce département est cher, très cher. Heureusement les taxis-ville et taxis-brousse pratiquent des prix raisonnables. Chez les mamas-brochettis il est possible de manger pour moins de 2 euros et avec un peu de chance et beaucoup de patience je suis parvenue à louer des chambres chez l'habitant. Expérience extraordinaire qui m'a permis de partager la vie des gens d'ici.

Ainsi dans le sud j'ai accepté l'offre de ma logeuse de participer à la récolte de riz organisée par la madrasa. Activité incluse dans le projet de renouer avec les traditions de l'île. J'ai cueilli le riz avec comme outil un gros escargot, genre achatine (mais oui). J'ai été ensuite invitée dans la maison du directeur de prière de l'école coranique pour écouter les chants.

Comme partout, les traditions se perdent, mais l'habitude du banga se perpétue. Alors que je marchais le long d'une route, j'ai pu voir une de ces maisons sommaires construites par les garçons dès l'adolescence. De grands ados étaient là sur le pas de la porte et m'ont gentiment invitée à visiter leur domaine. Ils m'ont quand même avoué aller manger chez leurs parents ! Le rôle du banga à l'heure actuelle est plus un lieu de repli pour le plaisir. Un petit groupe jouait de la musique, influence rasta comme les affiches de Bob Marley et les couleurs du drapeau éthiopien l'attestent.


 

Ces jeunes gens parlaient un français correct, ce qui n'est pas toujours le cas. A Mayotte, outre le Français (langue officielle) et selon la région les Mahorais parlent le Swahili (Mahorais), le Comorien, le Malgache et d'autres dialectes locaux. La langue arabe est également utilisée car apprise dès le jeune âge dans les écoles coraniques. Mayotte est de confession musulmane. On peut voir des mosquées d'influences diverses. La plus ancienne se trouve à Tsingoni.

 

A Mtsapere
A Chiconi
A Tsingoni
A Petite-Terre

 



A Mtsamboro, la mosquée de vendredi est au bout de la ruelle

 

 

 

En regardant la carte, on voit que peu de coins ont échappé à ma curiosité. En taxi-brousse, à pied, en auto j'ai réussi à faire le tour de Grande-Terre, de Mamoudzou à Mtsamboro, de Mamoudzou à Bouéni, de Bouéni à Acoua et à la traverser aussi de Mamoudzou à Tsingoni en passant par Combani et ses cultures d'ylang-ylang.


Quant à Petite-Terre, deux petites journées n'ont pas suffi pour aller partout. Je me suis contentée du cratère Dziani Dzaha et de son lac. De là-haut la vue est splendide, on en oublie la chaleur intense, mais comme la mer n'est jamais loin (à condition de trouver le bon sentier), une magnifique plage, celle de Moya, permet de se rafraîchir.
Cependant j'ai pu assister à un spectacle de femmes : la danse du mbiwi rythmée avec des bâtonnets (les mbiwis) frappés l'un contre l'autre.

L'ensemble des danses traditionnelles se trouve dans la vidéo ci-dessous :

 

 

 

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Echantillon de la galerie des vues et de la vie à Mayotte

 

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Un échantillon de la galerie animale

 

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Galerie végétale

 

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Créé le 14 août, 2012
Modifié le 3 octobre, 2012

© Mayotte, 2011 Mireille Jeanjean Les textes et les photos édités sur ce site sont la propriété de l'auteur.... sauf exception avec auteur cité
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