Chachapoyas Zaña-Lambayeque Cajamarca Trujillo Lima Ica-Nazca Arequipa Puno Cuzco
       

 

25 février 2013, après un long trajet de deux jours à travers la montagne, sur une piste rendue extrêmement difficile et dangereuse à cause de la pluie, nous parvenons à La Balsa.

La ranchèra nous dépose. Nous traversons le torrent sur le pont frontière à pied, au sec sur du bitume.
Migration, police, tampons d'usage.
Il ne reste plus qu'à trouver un moyen de locomotion pour Chachapoyas. Hélas pas un chat, pas la moindre roue. Deux volailles picorent devant le bar-restaurant fermé. La faim commence à tirailler.

Nous finirons par trouver une moto-taxi (genre tuk-tuk de Thaïlande), puis une voiture-colectivo et enfin un combi-colectivo pour arriver à Jaen. Entre temps la pluie a repris, et avec elle le rallye des boues ! Chachapoyas est encore loin. Demain.

 


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Rouge, blanc, rouge pour le drapeau péruvien.
Rouge symbole du sang versé pour l'indépendance. Blanc symbole de la paix

Sur le blason on peut voir : une corne d'abondance déversant des pièces d'or,
au-dessus l'arbre de quinquina, et une vigogne.
Les symboles de la richesse minérale, de la flore et de la faune sont représentés.

 

Et un blason original gravé sur la pente d'une colline de Cuzco
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Cette découverte d'un nouveau pays se veut culturelle.
Quand on entend Pérou, on pense aussitôt Machu-Picchu et Inca. C'est faire abstraction de tous les peuples qui ont vécu bien avant l'arrivée des Incas et des Espagnols.

Nous découvrirons successivement les Chachapoyas, les Moches et les Chimus, Sican, Nazca... Les uns laissant la place aux autres de façon parfois violente. Nous ne savons encore que peu de choses sur eux. Pas de traces écrites, seuls des vestiges récemment découverts nous en apprennent un peu plus. L'avenir nous enrichira encore.

 

 

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Chachapoyas.

Chachapoyas vient d'un peuple qui vivait dans cette région bien avant les Incas (700 à 1500 après JC). Ils ont été plus ou moins phagocytés par ces derniers et lors de l'invasion espagnole auraient préféré disparaître plutôt que de subir d'autres tourments.
Nous avons visité l'ancienne cité-forteresse de Kuélap et les sarcophages de Carajia ainsi qu'une grotte sacrée. Nous n'avons pu accéder aux autres sites, trop dangereux en saison de pluie.


CLIC, CLIC, CLIC
Un clic sur chaque image donne accès à une galerie photos de l'endroit
Si vous avez peur de vous mouiller, si ça vous gêne de marcher dans la boue, alors ne cliquez pas.
Tant pis pour la grotte sacrée, tant pis pour les sarcophages

 

Des gravures à Kuélap

 

 

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Zaña

Dans ce petit village proche du Pacifique, une amie m'attend. Iza. C'est à La Paz que je l'ai rencontrée en 2010. Depuis elle s'est installée à Zana. Quel guide précieux pour visiter tous les sites de la région qui n'ont plus de secrets pour elle. Autant de vestiges autour de Chiclayo. Lambayeque, Zaña.

Ainsi nous avons visité : les Huacas de Tucume et la tombe du Seigneur de Sipan.

Les huacas sont des superpositions de temples et de sépultures en forme de pyramides tronquées. Chaque époque a construit son temple sur le précédent. Travail de titan pour les archéologues afin d'accéder à chaque sous-sol (il y a de 5 à 7 étages) sans détruire peintures et gravures. Ces constructions successives en briques d'adobe ont subi les caprices du climat et notamment les assauts de ce Niño qui traverse les siècles sans perdre de sa puissance. A ce sujet, la terrible crue de 1720 a dévasté le village de Zaña. Des sanctuaires chrétiens, il ne reste que des ruines. Après les attaques de pirates et les séismes, c'en était trop pour les habitants, la plupart a fui. Quant aux esclaves noirs, ils ont reconstruit le village. Des fresques murales évoquent leur vie à l'époque de l'esclavage.

 

Prenez le pont pour visiter Zaña et ses environs (Tucume, Sipan, la mer)

 

 


Dans la ville coloniale de Lambayeque, il ne reste rien des vestiges du passé. C'était une habitude chez les conquistadors : démolir et reconstruire selon l'architecture espagnole. Supprimer les anciens lieux de culte pour imposer la religion chrétienne. Bannir les cultures. Cependant le coeur historique de la ville est bien joli avec ses places, ses vieilles maisons colorées dont les pièces regardent et s'ouvrent sur un patio. Des balcons en bois courent sur les façades. Le plus long balcon du pays ou du monde serait ici.
Le musée est fermé. Nous nous rattraperons à Lima où nous aurons un aperçu de la richesse de la civilisation Sican qui régnait à Lambayeque entre 800 et 1300 ans après JC.

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Après la pluie nous apprécions la sécheresse de cette côte. Si aride avec des arbres épineux, rabougris. Des étendues de sable où le vent joue à soulever des tourbillons de poussière. Pourtant nous retournons vers la montagne.

 

Statuette d'une femme en train d'accoucher Musée de Lima

 

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Cajamarca, la ville où Pizarro et ses hommes ont piégé, trompé, emprisonné et exécuté Atahualpa, le dernier empereur Inca.
Il pleut plus que de raison, le froid nous transperce. Dès que le ciel se dégage nous filons au mirador, sur les marchés très colorés, au bain de l'Inca où l'eau sort de la terre à 70°C. Un gardien fait le siège du bassin fumant. Interdit d'approcher ! Heureusement une piscine tiède permet de profiter des bénéfices de cette eau thermale. Il y a aussi le magnifique complexe de Bélen. Les façades baroques seules valent le détour. Sur l'une d'elle une femme aux quatre seins nus pour ne pas dire mamelles. Les différents bâtiments, les jardins... sont aussi attrayants.

Nous retrouvons dans la ville un couple avec qui nous étions à Chachapoyas. Ensemble nous partons aux Ventanillas de Otuzco. Ventanillas : petites fenêtres. Ce sont des sépultures creusées dans la roche qui s'ouvrent sur la vallée comme de petites baies. Un court sentier nous mène au pied de la falaise. Nous avons eu à peine le temps de faire le tour, la pluie s'est mise à tomber drue. Vite le poncho de pluie et la descente par le sentier transformé en torrent boueux !

La pluie est tombée tant et si bien que nous avons dû attendre plus de trois heures avant d'avoir un bus de nuit pour Trujillo. Cours d'eau en crue, ponts dangereux...

 

Cliquez sur l'image pour visiter la ville et ses environs

 

 

 

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Trujillo

Enfin le retour vers la côte, le soleil, la chaleur !
Une jolie cité Trujillo et grande. C'est la troisième ville la plus peuplée du Pérou après Lima et Arequipa. Il y a une alliance française où les jeunes futurs guides touristiques du pays peuvent apprendre le Français. Un plus pour eux.

 

Pour visiter la ville, CLIC sur l'image


Nous sommes ici en "territoire" Moche et/ou Chimu selon les périodes. La culture Moche a régné de 100 à 700 après JC, tandis que la civilisation Chimu plus tardivement (de 900 à 1470 après JC).

On parle des Moches à La Huaca de la lune et celle du soleil tandis que Chan Chan était la capitale du royaume du grand Chimu. Nous retrouvons les Moches et leurs pyramides (huacas) à El Brujo avec la tombe de la Dame de Cao dont la momie a été découverte il y a moins de 10 ans. Mystérieuse dame que cette servante aux bras tatoués Elle aurait eu des pouvoirs de guérisseuse, une sorte de chamane au féminin. En tout cas certainement précieuse pour avoir été enterrée comme une reine dans un sanctuaire.

Statuette Moche

 

Pour Chan-Chan, suivez le chemin

Pour les Huacas de la Lune
et celle de El Brujo
CLIC sur le panneau

 

 

 

 

Chien peau nue. Musée de Lima

 

Le temps imparti à Josette tire à sa fin, le chemin vers Lima s'impose. La Panamericana file tout droit à travers un paysage désertique et stérile. De chaque côté de la route, des dunes de sable ou de terre mêlée de pierres. De rares touffes vertes donnent un peu de couleur à cette étendue terne. Le vent emporte papiers et autres détritus. Les villages traversés semblent plongés dans la tristesse. L'océan est là tout près. Nous l'apercevons de temps à autre. A l'approche de la capitale la route le surplombe du haut de la falaise de sable toujours.

 

 

 

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Le centre historique de Lima, redéfini à l'époque coloniale, compte de somptueux bâtiments flanqués de balcons clos en bois sculpté et ajouré. Un genre qui se rapproche des moucharabiehs des pays arabes. Autour de la place d'armes, le jaune domine et met en valeur le jardin central ainsi que la cathédrale et le palais présidentiel. Ce jour-là à midi nos oreilles accrochent des sons militaires, nos yeux un attroupement devant les grilles du palais. C'est la relève de la garde présidentielle.
Les rues adjacentes sont toutes aussi belles, habillées de couleurs chaudes. Ah, ici il y a une touche de bleu ! Comme il ressort bien sur ce fond pourpre !
Nous entrons partout où c'est possible, nous nous interdisons d'utiliser ces lourds heurtoirs. Dans une église je retrouve la Pachamama, cette vierge commune en Argentine. Symbole mêlé de Christianisme et de culture indienne. Ailleurs, c'est une croix en fer forgé. Le Christ a été retiré, comme c'est l'usage ici à l'approche de Pâques. Il ne reste qu'un linge blanc.

 

Demain nous irons visiter le musée national de l'archéologie, de l'antropologie et de l'histoire du Pérou, afin d'apprécier encore une fois l'art Moche et Chimu (céramique, or, argent, tissage...). Pour l'heure j'ai rendez-vous avec un ami de Facebook sur la plaza San Martin. Tiens le re-voilà le grand libertador tellement vu en Argentine !
Mon ami m'explique tout sur les NO et les SI peints, gravés, écrits jusque sur les collines environnantes. Problème politique, référendum imminent. La Maîresse sera-t-elle OUI ou NON destituée. Décidément, les femmes sont mal vues en politique !

Ce soir, sortie à Baranco. Rencontre d'amis autour de tapas accompagnés de délicieux Pisco Sour. Le coucher de soleil sur le Pacifique et ses longues vagues qui déferlent depuis l'horizon est sublime. Un moment de bonheur sur les kilomètres de la costanera qui borde Miraflores.

 

 


Vus au musée ethnographique de Lima.

 

 

Je reviendrai à Lima plus tard. Demain Josette s'envole vers la France quant à moi je poursuis vers le sud.

 

 

 

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Un arrêt à Ica et ses oasis aux dunes démesurées. Depuis que le « Dakar » passe par là, buggys et sandbords fleurissent.
Alors que je promenais sur les dunes à la recherche de jolis points de vue, un buggy s'arrête, le chauffeur m'invite à partager l'aventure avec ses touristes déjà embarqués. Hésitation, réflexion, acceptation. Emotions assurées. J'ai regretté par moment, croyant ma dernière heure arrivée et celle du bébé qui nous accompagnait !

 


Je n'ai pas suivi la ligne des dunes pour me rendre à Nazca où j'ai pu voir du haut de deux miradors quelques uns de ces géoglyphes énigmatiques tracés dans le désert de pierres entre l'an 300 et l'an 800 de notre ère par la civilisation Nazca.
Le village n'a aucun attrait, j'embarque le soir même dans un bus pour Arequipa. Par chance le siège à côté du mien est vide. Je dors et arrive en forme au petit matin.

Un bout de route entre Ica et Nazca. CLIC pour les étapes

 

 

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Plus large ? CLIC

 

Arequipa, quelle belle ville sertie dans des montagnes aux sommets enneigés dont le Misti, cône parfait. Je la sillonne jusqu'au soir, je m'engage dans des passages voûtés, j'accède à des cloîtres, des chapelles... Je garde juste un peu de temps pour déguster des glaces au lucuma un fruit au délicieux parfum que je découvre au Pérou et pour cause c'est un fruit indigène péruvien.

 

Pour visiter la ville
CLIC sur le clocher


 

Ma voisine de chambre me parle d'une randonnée dans une gorge. Aussitôt dit aussitôt fait, je réserve le tour de trois jours et deux nuits dans le canyon de Colca, beaucoup plus profond mais moins coloré que celui du Colorado. La route qui y mène traverse l'Altiplano où paissent lamas, alpagas et où les vigognes viennent visiter leurs frères domestiqués. Avant d'attaquer la longue et forte descente jusqu'au Rio (dénivelé 1000 m), nous admirons le vol des condors. Après un deuxième jour plutôt reposant, le rude retour nous attend : 1200 m de montée non stop, trois heures d'effort. Les 500 derniers mètres ont été terribles. Pour moi.

 


CLIC pour descendre dans le canyon
et accéder à la galerie

 

 

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Sans prendre un jour de repos à Arequipa, Elizabeth (Mexicaine en voyage) et moi partons le lendemain pour Puno au bord du lac Titicaca. Je connais le côté bolivien de ce lac navigable, le plus haut du monde (3812 m), je découvre la rive péruvienne, moins attractive mais avec la possibilité de visiter trois îles. Uros, les îles flottantes, Amantani et Taquilé. Un tour de deux jours avec une nuit dans une famille. Nous avons partagé le froid cuisant, la nourriture, l'inconfort et la fête du samedi soir des gens de ce village communautaire. Pour l'occasion nous avons revêtu le costume local : chemisier blanc brodé, jupe de couleur vive, ample et courte car les gens d'ici sont très petits. Sur la tête nous avons posé l'étole noire également brodée. Les hommes ont couvert leur tête d'un bonnet à oreilles et jeté sur leurs épaules un simple poncho à l'image des musiciens qui animent le bal. Quant aux îles flottantes rien de bien enivrant, je dirais même décevant.


En revanche monter au sanctuaire de Pachatata (Dieu de la terre), puis à celui de Pachamama (la terre-mère) est intéressant. Les personnes fatiguées par l'altitude et le dénivelé peuvent louer des chevaux. Rien de particulier en ce qui concerne les temples, mais la vue, depuis les sommets, est imprenable sur la rive bolivienne et la Cordillère Royale qui découpe ses cimes enneigées dans le ciel bleu. Assister au coucher du soleil au bord de la falaise rocheuse qui domine le lac d'une centaine de mètres est un instant magique.

 

Du port de Taquilé, on monte jusqu'au village. Les grosses pierres irrégulières forment l'escalier, rude et long. La place du village au sommet de l'île est animée. C'est dimanche, la population est sur la place. Quelques marchandes de souvenirs derrière leur étal, des fillettes vendent des bracelets tressés ou tissés. Je m'approche de la petite église. Son campanile paraît d'une époque plus ancienne. Des herbes folles poussent entre les pierres disjointes et sa petite cloche semble avoir perdu son emploi. A l'intérieur de l'église la chorale répète. Sur les murs je retrouve les anges arquebusiers vus en Bolivie et une vierge à l'enfant aux traits andins. Le retable se compose de neuf niches qui abritent chacune un objet ou une statue. Le Christ en croix porte une jupe en tulle. A côté un cavalier sur son cheval me rappelle zorro brandissant l'épée.
A Taquilé, les hommes portent pantalon noir, chemise blanche, boléro noir. Sur la tête un bonnet rouge, genre bonnet de meunier avec la pointe repliée vers l'arrière et terminée par un pompon.
Les châles des dames ne sont pas brodés, le tissu foncé est bordé de gros pompons colorés.

Dans ces îles les habitants gèrent le tourisme. Groupées en coopérative, les familles accueillent à tour de rôle les visiteurs.

On y va ? CLIC

 

 

 

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Cuzco

La route file toute droite à travers l'étendue de l'altiplano. 4000 m. Les montagnes qui bordent le plateau semblent des collines. Le vent glacé s'engouffre dans ce corridor. A cette altitude lacs, mares et marécages habillés de ciel se découpent au milieu d'herbe rase, légère et dorée, de tapis de mousse d'un beau vert lumineux, de champs de quinoa, de pommes de terre... Canards et poules d'eau s'y ébattent. Toujours les troupeaux de camélidés, mais aussi de bovins et d'ovins.

 

Cuzco, 3400 m était capitale des Incas. C'est une jolie ville avec ses nombreuses places, ses églises souvent baroques, les rues en pavés ou en galets, ses maisons blanches aux fenêtres et portes peintes en bleu. Un bleu comme on en trouve au Maroc. Des escaliers qui grimpent dans les quartiers élevés, des ruelles à la forte pente que les taxis n'hésitent pas à emprunter. La semaine sainte, il n'est pas facile de trouver un hébergement. Les places sont rares et chères. J'ai finalement trouvé mon bonheur sur la place San Francisco. Une maison coloniale, un vrai labyrinthe, en plein centre historique. Je passe une journée à visiter la ville de fond en comble avant de m'acheminer vers Machu Picchu. Une Française rencontrée à Chachapoyas m'a envoyé l'itinéraire, les étapes et les infos nécessaires pour arriver au lieu mythique en évitant des dépenses excessives et revenir en visitant les sites de la Vallée Sacrée qui s'étire de Machu Picchu à Cuzco le long du rio Urubamba.

 

 

 

Etape 1 : Pisaq : Visite des sites incas disposés le long d'une crête : temples, forts, village, nécropoles, terrasses agricoles (encore exploitées de nos jours), dominent la vallée (4 heures aller-retour avec une pluie intermittente).
Il ne faut pas avoir peur de grimper des escaliers ardus puis plus haut, beaucoup plus haut, traverser un tunnel, un tunnel étroit. On ne va pas s'arrêter pour si peu, surtout après s'être épuisée dans la montée.


CLIC sur la flèche pour accéder à la galerie


Deux heures plus tard, j'arrive à Ollantaytambo où je passerai la nuit. Un hostal sur la place. Je suis seule dans le dortoir et dans tout le bâtiment à part la patronne. Il ne reste qu'une heure avant la fermeture du site. Je pose mon sac et file. Un escalier grimpe entre les terrasses qui couvrent le flanc de la montagne. Le soleil rasant donne une agréable teinte à la pierre et fait ressortir le porphyre rose des vestiges du temple près du sommet de la forteresse. En bas, il y a le village, avec ses fontaines, ses conduites d'eau, les rues... tout ce qui fait un village. Seuls les toits en paille des maisons n'ont pas résisté aux ravages du temps. D'autres maisons étroites, longues sont disséminées dans les terrasses. Elles épousent la pente et sont de ce fait plus hautes. A l'écart du village, d'autres fontaines alimentent des bains et des lieux de cérémonies.

Pour la visite du site CLIC sur l'image

 

Etape 2 : Machu Picchu ou le parcours du combattant. Deux bus, un taxi, 12 kms à pied le long de la voie ferrée pour arriver à Aguas Calientes, le village au pied du Machu Picchu. Si vous n'y prenez garde vous paierez votre place un prix exorbitant. Quant au train il est payable en dollars US 50 $ le trajet ! La route entre Santa Tereza et Hidroelectrica est d'une impressionnante beauté avec des dénivelés énormes et des cours d'eau qui traversent la route en y déposant galets et autres matériaux arrachés à la montagne. Des cascades jaillissent de la montagne et toute cette eau se déverse au fond de la vallée dans le rio Urubamba, torrent tumultueux qui traverse Aguas Calientes dans un bruit d'enfer.
Mon hôtel est de l'autre côté du rio. Un dortoir pour moi seule, une jolie salle d'eau avec une eau très chaude. Un accueil sympathique. Je réserve mon billet d'accès au site de Machu Picchu et, avec une voyageuse brésilienne, je vais manger un gros plat de pâtes afin d'avoir de l'énergie demain pour gravir les innombrables marches qui donnent accès à la ville inca.
Départ au petit matin. 5h. Il fait encore nuit. Au fur et à mesure que je m'élève, le jour se lève. Le ciel s'éclaire. La brume traîne. A l'arrivée elle est encore là. Les touristes sont rares, les premières navettes viennent à peine de déverser les visiteurs encore ensommeillés et déçus par la vue voilée.
Qu'importe, il y a tellement de choses à voir. Ce brouillard n'a rien d'une purée de pois et donne un air troublant au lieu. J'ai déambulé plus de 5 heures d'est en ouest, du nord au sud. Je pense avoir vu l'essentiel, du vertigineux pont de l'Inca à l'observatoire astronomique, du temple du soleil aux terrasses agricoles, de la place principale à la maison de l'Inca, de la fontaine au temple du condor. Et j'en passe. Quant au Wayna Picchu, il eut fallu que je réserve plusieurs mois à l'avance !

Pour me suivre dans la cité perchée CLIC sur l'image

 

Vers midi j'entreprends la descente. Il n'est peut-être pas plus facile de descendre que de remonter... mais c'est plus rapide. Plus rapide aussi le retour vers hidroelectrica. Pressé par le temps, je ne flâne pas, je prends mes jambes à mon cou et en 1h30 je franchis les 12 km. La nuit était tombée quand un bus m'a déposée à Ollantaytambo.

 

Etape 3 : Maras, Moray, chinchero et retour à Cuzco

Je descends du colectivo à l'intersection du chemin qui va vers Maras. Fatigue ou étourderie, je n'ai pas fait dix pas sur la piste quand je vois ou plutôt je ne vois pas mon petit sac à dos, celui que je porte sur la poitrine et qui contient mon reflex ! Oublié dans le combi ! Je reviens sur la route, fais de grands signes, un motard passant par là, me voit ? Il comprend tout, il est généreux. Il fait demi tour, m'invite à prendre place sur le porte-bagages et nous voilà à la poursuite du bus. 2 ou 3 kilomètres suffisent pour rattraper l'engin et récupérer mon petit sac avec l'appareil photo. Ouf !

 


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Je vais à Maras voir les salines en exploitation depuis la période pré-inca. Il fait chaud, le soleil tape, le sentier est raide, pas d'arbre, un environnement aride. Au bout d'une demi-heure, à la sortie d'un virage, le spectacle. Des centaines, que dis-je des milliers de petits bassins de toutes tailles, de toutes formes, disposés en terrasses sur le flanc de la montagne. Un ruisseau chargé du sel contenu dans la terre alimente ces bassins. Le soleil se charge d'évaporer l'eau. L'homme vient alors ratisser le sel. Le blanc du sel, l'ocre de la terre et les différentes couleurs de l'eau selon le degré de salinité sont du plus bel effet si l'on ajoute là-dessus le soleil plongeant à la verticale. Aucun travailleur aujourd'hui, c'est dimanche.

 

Je reprends le sentier qui monte vers le village de Maras. Il fait encore plus chaud à 11h30... Un taxi me conduit à Moray, un site inca d'expérimentation agricole sous la forme de terrasses circulaires, concentriques dont le centre est plus bas. Un amphithéâtre en quelque sorte mais creusé dans la colline. Cette technique qui utilise la pierre comme accumulateur de chaleur le jour et redistribution la nuit permettait d'élever la température, basse à cette altitude, de 0 à 5°C et donc de pouvoir cultiver plus facilement et avec de meilleurs rendements des plantes qui craignent le gel. Pour se déplacer d'une terrasse à l'autre quoi de mieux que ces escaliers incas. Pas facile de monter ou de descendre ! Si vertige s'abstenir !

Retour à Maras. Hélas pas de bus le dimanche, je dois aller le chercher sur la route principale. En chemin une voiture s'arrête. Elle est pleine à craquer de villageois qui vont eux aussi prendre le bus. Le conducteur me fait monter dans le coffre déjà rempli de sacs. Le passage coûte1 sol. Nous arrivons en même temps que le bus qui est lui aussi plein à craquer. Pire que le métro aux heures de pointe.

 

Pour la galerie de Moray et Salineras, suivez l'âne et ses maîtres

 

 

Enfin Chinchero après une vingtaine de kilomètres debout et bien tassée.
J'ai de quoi me dégourdir les jambes et les pieds devant l'étendue des andennes (terrasses) qui s'étalent au pied de l'église coloniale construite sur les fondations d'un palais inca. L'église est fermée. Sur le marché les femmes plient boutique. Les tours opérators ont rembarqué les touristes. Beaucoup de gens du cru : les hommes devant le campanile de l'église, les femmes aux habits bariolés, au chapeau rond et plat, attendent, assises sur les murets de ce qui a dû être une maison en des temps reculés. Des confettis multicolores se détachent sur les longs cheveux noirs tressés des filles. Mais oui, mais c'est bien sûr, c'est dimanche et qui plus est de Pâques ! Je comprends tout : les bus bondés quand il y en a, les salines abandonnées, les rassemblements autour des sanctuaires... Seule sur le site, je prends mon temps. Je monte, descends, contourne le socle des bâtiments, longe les murs monumentaux en admirant l'agencement de ces grosses pierres rondes, je m'étonne devant ces rochers taillés : est-ce un lieu de culte ? un tribunal comme à Copacabana (Bolivie) ? ou tout simplement une carrière d'où ont été extraites les pierres ? Je contemple la configuration toute particulière des terrasses et m'attarde devant le paysage au loin. Une cime enneigée perce les nuages est-ce le Sahuasiray? le Chicon ?

Le soir descend, le froid aussi. Pourtant l'accès au bus est chaud. C'est la foire d'empoigne pour monter et rentrer tranquillement à Cuzco.

 

Pour la galerie suivez le guide CLIC

 

La Vallée sacrée n'est pas terminée, il faudrait des semaines pour en venir à bout. Demain, à pied, j'irai jusqu'à Saqsaywaman et Q'enco.

 

 

 


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Saqsaywaman est impressionnant. Digne d'un Cyclope, d'un Colosse, d'un Titan. Même si depuis, le site a été pillé, des pierres emportées pour les constructions espagnoles de Cuzco, l'énorme pierre de 70 tonnes est toujours là ! Les blocs de pierre étaient taillés sur la colline en face de la forteresse, puis traînés. Les roches, au sol, gardent les stries de leurs passages. Les remparts ne sont pas de simples murs rectilignes. La ligne est cassées par des avancées, sorte de bastions qui me rappellent les forts de Vauban. Pizarro a eu du mal à déloger les soldats chargés de défendre la capitale inca.

A 1 km de là Q'enco. Un lieu religieux où étaient pratiqués le culte de la fertilité ainsi que des sacrifices. Ici rien n'est bâti si ce n'est l'hémicycle qui borde la place devant la pierre dressée. Les Incas ont travaillé directement la roche. Ils l'ont taillée, creusée, percée de galeries et de souterrains. Un vrai labyrinthe.

De l'autre côté de la route, un autre endroit où la main de l'homme inca est passé. Mais il est trop tard pour m'aventurer plus longtemps.

La galerie est ici CLIC

 

 

 

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Mon séjour tire à sa fin. Encore un petit tour dans Cuzco avant de prendre le bus de nuit pour Lima. Et cette fois je ne lésine pas ce sera un cama 180 °. Comme dans mon lit ! avec des petits rideaux pour m'isoler. J'arrive toute fraîche à Lima au petit matin.
Je passe les trois derniers jours chez mon ami. La dernière soirée n'est pas en l'honneur de mon départ, non, c'est une fête d'anniversaire. Pisco sour (j'ai déjà donné la recette sur mes pages chiliennes), cusquena (bière de Cuzco), bon vino tinto (vin rouge), et plein de petites choses à grignoter dont de délicieuses papas (pommes de terre), des paltas (avocats)... Et la joie sur tous les visages, les rires qui sonnent généreusement, les yeux brillants, les accolades franches, sincères avec une simple bise... J'ai connu ça au Chili et j'adore.


Ce n'est pas mon habitude, mais cette année j'ai perdu des choses :
Ma lampe frontale dans la montée au Machu Picchu, l'étui de mes lunettes égaré dans un bus, deux t-shirt (gâchés par le chlore des lavandières), mon petit appareil photo a rendu l'âme. J'ai failli perdre mon reflex, j'en tremble encore.
Je n'ai pas que perdu, des aigrefins m'ont dépossédée. L'un dans le tramway de Quito de la pochette du petit appareil photo. L'appareil était ailleurs, à la place il y avait de la menue monnaie. Pas de quoi faire un drame.
L'autre m'a détroussée de 50 euros dans la cabine du bateau aux Galapagos. Quand on fait du snorkeling, on ne prend que le masque et le tuba !
Et enfin, j'ai perdu 5 kilos ou plutôt j'ai retrouvé mon poids de jeune fille !
L'un dans l'autre, ces 4 mois passés entre la Colombie, l'Equateur et le Pérou ont été merveilleux.

 

 

L'Equateur c'est par


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Créé le 27 décembre, 2013
Modifié le 30 septembre, 2015

© Perou-2013, Mireille Jeanjean. Les textes et les photos édités sur ce site sont la propriété de l'auteur...
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