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La mer...La Réunion


Quand elle est prisonnière
Des colliers de corail
Elle se pare alors
D'un voile transparent
Et frémit en turquoise
Sous le vent Alizé
Qui vient lui murmurer
Ses airs de liberté.

Les paille-en-queue charmés
Viennent la saluer
Les filaos légers
Voudraient la caresser
Tandis que sans relâche
Elle cherche la passe
Vers l'horizon lointain
Pour se fondre outremer.

Lorsqu'enfin libérée
D'un rivage trop morne
Sur de grands chevaux blancs
Au large elle galope
Parfumée aux senteurs
D'épices et de fleurs
Va s'offrir à Neptune
Ou bien Poséidon.

A l'heure où l'azur
Décline ses couleurs
Heureuse on peut la voir
Dans sa robe nuptiale
Tandis que le soleil
Complice des amours
S'éclipse en jetant
Un furtif clin d'oeil vert.

Discrètement la nuit
Déploie son rideau noir
Dans le ciel une à une
Les étoiles s'allument
La Croix du sud bénit
Les tendres épousailles
Avec comme témoin
Un volcan en Fournaise.


© Mireille 05/05/2000

 
 
 
 
Sable......


Sable blanc, sable corail
Débris de vie, de vie usée
Venue s'échouer sur la plage.

Sable noir, sable volcan
L'esprit du centre de la terre
S'est déversé sur le rivage.

Sable gris, sable granit
Meurtrie, la montagne en ruine
T'abandonne à l'eau en furie.

Sable d'or, sable désert
Ta plage est un mirage
Où finit ton rêve d'eau.

© Mireille 20/08/2001
 
 
 
 
Souviens-toi de nos randonnées
Paysages arides,
Visages de pierres
Sentiers poussiéreux
Vers de tendres paysages
Visages verts,
Découvertes végétales.

© Mireille à Marion octobre 2001 (La Réunion)
 
 
 
 


Identité


Le jour emporte tout...
Reste à la nuit des formes informes
sans couleurs sans visages
sans images de paysages

Quand crient les margouillats


Le vent emporte tout...
Volent saris, boubous,
burkas et paréos
Résonnent les cloches des églises
la voix du muezzin
les moulins à prière

Et dansent les paille-en-queue


Le vent emporte tout,
mélange les senteurs
l'encens et le safran
caris à la vanille
café et cacao
la fleur d'anacoco
l'extrait de vétiver

Et rêvent les endormis*


La vie exporte, importe...
Cultures, religions,
autant de traditions
Naître et connaître
Apprendre pour comprendre,
intégrer, s'intégrer
tolérer, accepter

- "Ouvre les yeux
t'es différent tu me ressembles"

- "Tourne et retourne
La Terre est une boule"

- Dis-moi, qui tu es

- Je suis pétri de sourires et de pleurs
Imprégné d'essence de passé
Parfum d'identité
Mémoire des mémoires
Mon langage est musique de l'âme

Pourquoi briser, casser, effacer?
Vous viendrait-il l'envie
de changer la couleur,
le parfum d'une fleur?

Sans mélange pas de couleurs

Faut plusieurs voix pour faire un choeur

Tant d'instruments pour un orchestre

Tant d'hommes, tant de femmes pour une symphonie

Symphonie de la vie

Harmonie

* L'endormi est le caméléon de La Réunion

© Mireille 12/12/2001

 
 
 
 


Carte postale de Saint-Leu


Derrière les cases créoles
Derrière les clôtures ruisselantes de bougainvilliers,
d'alamanda et d'anacoco parfumés
Le long de la grève de sable blanc
Là où l'ombre des filaos taquine le corail
J'attends que l'océan se réveille
J'entends déjà les vagues se ruer sur la barrière
Une onde frisonne l'eau du lagon
Un courant d'alizée emporte un paille-en-queue vers le ciel presque bleu.

Les jours, les nuits rythment ma vie jusqu'à l'ennui
Alors j'écris, j'écris
Je voudrais que ce soit fini.


© Miréio le 3/07/2003

 
 
 
 


"Devine d'où je t'appelle ?"

Six mots, un point d'interrogation. Pub sur grand panneau. Question posée sur une vague pour champion de surf, un énorme rouleau comme ceux qui déferlent depuis hier et qui viennent à grand bruit se briser sur les falaises de la Pointe des Châteaux et sur les rochers de la Pointe aux sels.

Les flots grondent
Les falaises geignent
La roche, comme un évent, expulse de violents jets de brouillard et d'écume salés.

Tu devines où je suis ?

© Mireille La Réunion juin 2005

 
 
 


Endormi, caméléon de La Réunion

 


Léon et l'endormi

Tu es camé Léon
Moi je suis l'endormi
C'est bien ainsi que tu m'appelles ?
Pourtant de nous deux l'endormi...


Tu n'es guère plus éveillé que moi, abruti par tes décoctions-poisons
Tu goûtes trop le datura
Ses feuilles, ses racines, ses fleurs en infusion quand ce ne sont pas les graines que tu grignotes
Moi je t'observe, dissimulé dans le feuillage de l'arbuste,
je chasse le moucheron et le chikungunya,
je hume le parfum délicat des fleurs,
Quand j'étais un nouveau-né, je me glissais dans la corolle.
Je n'étais guère plus gros que le pistil. Insignifiante brindille sombre.
Maintenant j'adore jouer au jeu des couleurs et quand j'ai réuni l'essentiel du fond, je n'ai plus qu'à m'endormir et me faire oublier.


Aujourd'hui tu m'as jeté un sort en jetant ce chiffon, ce bout de kilt écossais
Ah ! tu voulais te débarrasser d'un essaim de guêpes, mais c'est moi qui ai failli faire les frais de ton hallucination
Comme il m'en a fallu de l'énergie pour concentrer toutes ces couleurs en un temps record. Heureusement la dominante était verte et moi beau mâle.
Je n'ai eu qu'à glaner quelques pointes de rouge sur le sol de ta case,
des échardes jaunes sur les volets anti-cyclone,
un dégradé de bleu dans le ciel de Saint-Leu,
une ligne blanche sur la vague du spot.


Quand le jour tomba sur le petit lagon, il eut été bien difficile à quiconque d'isoler un élément dans ce tableau surréaliste. Surtout pas toi déjà plongé dans les effets hallucinogènes du datura.


Tu es camé Léon.
Moi, je suis l'endormi.

© Mireille le 19 juillet 2007

 
 
 


Mambolo dit "caca de chat" de par son odeur


Sapote dit "caca poule" de par la couleur de sa pulpe


Sapote et Mambolo

Quand on l'a retrouvé au bout d'une heure, il traînait autour de lui une odeur nauséabonde. " Dans quoi es-tu allé te fourrer, m'écriai-je en le repoussant ?" " J'ai mangé un caca de chat."

La flore de l'île ne le passionnait pas, à dix ans on préfère gambader, jouer que s'attarder autour de plantes endémiques, de pestes étouffant la végétation indigène, de variétés introduites au fil des ans par les nouveaux arrivants, d'espèces en danger et autres plantes portant des noms locaux parfois très rigolos.

Nous buvions les explications de ce beau jeune homme svelte, au visage souriant fendu par deux yeux bruns caressants, encadré de cheveux noirs mi-longs retenus en catogan. Un air asiatique, indien, un malbar comme on les appelle ici.

Yoann, insensible à l'écosystème, se démenait à la recherche de découvertes inédites. Il rêvait de surprendre un dodo rescapé, un tangue ou autres espèces animales inconnues dans son pays ou définitivement disparues. Alors quand dans l'espace des plantes lontan, il dénicha un caméléon, à demi endormi, allongé sur une branche de caféier marron, nous l'avons laissé.

Le parc ne comporte aucun danger. Ici pas de serpent venimeux, les oiseaux gazouillent et sautillent gentiment, les papillons volettent, les chats faméliques cherchent pitance autour des tables du restaurant. Pas de puits, le bassin aux papyrus et faux nénuphars est peu profond et toujours entourés de visiteurs. L'océan que l'on aperçoit parfois entre deux cactées géantes brasse ses vagues trois cent mètres plus bas au bout d'une longue route en lacets (je suis tentée, mais c'est faux, de dire en colimaçon). L'espace est bien clos, les chemins bien tracés. Les ouvriers qui travaillent ici et là sont toujours prêts à vous remettre sur le bon chemin ou à vous montrer une excentricité de la nature.
Aucun péril, aucun risque de s'égarer. Les seules menaces sont les épines des succulentes, la piqûre d'un scorpion, d'une araignée ou d'un cent pieds. Yoann était prévenu de par ses expériences antérieures qu'il ne fallait pas fourrer ses mains, et à défaut de mains, son nez n'importe où.

Pendant près d'une heure, nous avons emmagasiné des noms, des images, des senteurs et c'est riches de connaissances tropicales que nous sommes arrivés dans le verger. Un vrai paradis. Midi approchait, nous avions faim et tous ces fruits qui pendaient aux branches tentaient nos mains et nos bouches gourmandes : zévis, corossols, bibasses, combavas, citrons galets… C'était un délit de s'exposer ainsi. Les fruits des grenadilles exhalaient un parfum irrésistible. Je m'apprêtais à commettre le geste défendu, la faute inexpiable. C'est à ce moment que Yoann apparut et avec lui cette odeur repoussante.

" J'ai mangé un caca de chat ! Mi aime a ou, ajouta-t-il en riant".

Derrière lui apparut un jardinier, l'air affable : "Pour vous ce sera un caca poule, dit-il en me tendant un fruit à peau verte tachetée de brun, à la pulpe de couleur peu engageante.

© Mireille le 19 octobre 2007

 

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Créé le 19/09/2002
Modifié le 19 septembre, 2012


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